Fuga, de Félix Blume - Phaune Box #1

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Lechería es un barrio del norte de la Ciudad de México. Ahí llegan los trenes mercantiles desde el sur del país, los del norte desde ahí retoman el camino. Es un paso obligado para los migrantes que usan los trenes para llegar a Estados Unidos. Más que un lugar de paso, es un lugar de viajes. El viaje como un modo de vida, sin destino ni partida. A bordo de las vías, imaginamos el futuro, nos inventamos un pasado. El tren pasa, portador de esperanza. Corremos a sus costados y de un salto lo abordamos. Amigo del viaje, se vuelve bestial, nos llama rugiendo y amenazador, se nutre de carne humana… La ida se vuelve regreso, el viajero se vuelve inmóvil. En él resuena el nombre de los lugares atravesados y soñados.

Fuga es parte de Phaune BOX de Phaune Radio, lanzado el 2 de noviembre 2016.
CON LAS VOCES DE: Miguel (Oaxaca, Mexico), Oliver (Honduras), Pedro & Brian (Salvador), Carlos (Honduras), Roberto (Guatemala) & Rodrigo (Chiapas, Mexico).
GRABACIONES DE LECHERIA, Ciudad de México, Agosto-Septiembre 2016
GRACIAS A: Gabriel Lecup, Floriane Pochon, Clément Baudet, Andrea Díaz Mattei, Sara Lana
PORTAFOLIO (Frances) / PORTAFOLIO (Ingles)
DIFUSIÓN: Phaune Radio (2016), Bivouac Radiophonique (2016), Radio Grenouille (2016), Écoutille @Péniche Adélaïde (2017), Festival Doc en Mai (2017), Jeudi de l’écoute à Arles (2017), Utopie Sonore (2017), Festival Résonance Montréal (2017), Apéro Sonore Le Bruitagène à Nantes (2017), Radio Mentale (2017), Semaine du Son Bordeaux 2018 (Fr), Festival Sans Frontières (Fr), Roches Blanches – Douarnenez (Fr), Invisible Radio Creature #2 by Anna Raimondo (It), À la croisée des chemins – Montréal (Ca), Oir es ver (Co),  Rien à voir ! (Fr), Alliance Française Quito (Ec),
NOMINADO al Phonurgia Nova Awards (2017) y seleccionado por el Ars Acustica de la UER
EXPOSICIÓN: Zonas Fronterizas, Galería Espai 10 (Barcelona, Spain) “Sonic Postcards from Mexico City” at The Mexican Cultural Institute of New York (2018), 

TEXTO DE ANDREA DÍAZ MATTEI
La obra Fuga parte de una serie de grabaciones realizadas en el periférico barrio de Lechería del norte de Ciudad de México, donde a su estación llegan los trenes mercantiles desde el sur del país y continúan hacia la frontera norte. En tanto paso obligado para arribar a los Estados Unidos, muchos migrantes centro y suramericanos recorren ese camino –más de las veces huyendo de la violencia sistemática de sus países de origen– repletos de sueños, anhelos e ilusión. Para Blume, los viajantes de ‘La Bestia (como es popularmente conocido dicho tren) imaginan un viaje, un futuro, un destino inventado que insiste en no ir más allá de la imaginación. Un sueño, traspasar una frontera que, a su paso, se torna bestial dentro una sórdida polifonía ensoñadora. El uso de la reiteración de los sonidos metálicos de las vías, de los pasos en la gravilla y de los perros ladrando, junto a la resonancia de los nombres de lugares atravesados por los migrantes, refuerza la idea de un viaje inscripto en una incierta destinación. Un eco amenazador que conforma un mapa imaginario y desconocido para los viajantes. Como punto de intersección de ese mapa imaginario, en su polisemia Fuga tiene el envés de ser ese procedimiento musical en el cual las ideas o frases musicales son llamadas –paradójicamente- sujetos, las cuales se superponen y alternan al contrasujeto. En efecto, dentro de la huida emprendida por estos migrantes olvidados y sin derechos, en Fuga, de modo poético el artista intenta donarles voz y un atisbo de un ser que les estaba negado a estos seres humanos.

           

PRESS (French): En attendant le train de l’espoir, au Mexique (Télérama) par Carole Lefrançois

La Lechería, à Mexico : une zone où, le long des voies, transitent des migrants afin de gagner les Etats-Unis. Dans cette création sonore, Félix Blume en a capté l’atmosphère.
« Le long des rails du quartier de la Lechería à Mexico, on imagine l’avenir, on réinvente le passé », résume Félix Blume, par ailleurs preneur de son pour le cinéma. Pour prendre la mesure de ses propos, il nous reste à fermer les yeux puis à imaginer, en écoutant l’atmosphère de Fuga, une pièce sonore dépaysante diffusée sur Phaune Radio. Une immersion dans le quotidien de migrants en transit à travers les ambiances de ce carrefour de tous les possibles.
Sur quelle impulsion avez-vous capté l’ambiance de cet endroit ?
Dans la presse locale, la Lechería est décrite comme une zone de non-droit, où les gangs et la police se disputent le terrain. Un lieu peu fréquentable, où les journalistes ne sont pas les bienvenus. J’y suis donc allé la première fois avec un petit enregistreur, avisant une amie au cas où je ne donnerais pas de nouvelles. J’ai fini cette première journée sous un pont à manger avec des migrants du Salvador, et j’ai marché des kilomètres à leurs côtés.
Qui sont ces gens qui courent le long des rails ?
Ils vont vers le nord ou en reviennent. La plupart sont déjà arrivés jusqu’à la frontière des Etats-Unis sans pouvoir la traverser, d’autres se sont fait expulser. Vivre près des rails, c’est pour eux la possibilité de monter à tout moment dans un train qui les emportera ailleurs. Ceux qui n’ont pas les moyens de payer un bus n’ont, hélas, pas non plus les moyens de s’offrir un « coyote » [un passeur, ndlr] pour les aider à traverser la frontière. Leur chance d’atteindre leur destination reste très limitée… Ils en sont conscients mais gardent néanmoins l’espoir d’accomplir leur rêve américain.
Vous livrez le son aux auditeurs sans explications, est-ce pour mieux les embarquer ?
Il existe énormément de manières de parler d’un sujet, la création sonore en est une que j’affectionne. Faire écouter une situation sans la contextualiser au départ, c’est stimuler la curiosité, l’envie d’en savoir plus sur les gens et les lieux cachés derrière ces sons.
Mettez-vous vos captations sonores en scène ?
J’essaye d’induire des rapports de sons, de sens, de rythme, de musicalité… jusqu’à fabriquer une pièce sonore qui tienne la route. Je suis dans un état entre l’errance et la quête, à l’encontre de ce que l’on m’a enseigné en école de cinéma : penser avant d’agir, définir les plans avant de les tourner… Car je pense qu’il faut savoir écouter pour bien enregistrer.

http://www.telerama.fr/radio/en-attendant-le-train-de-lespoir,-au-mexique,n5394364.php Télécharger le PDF

PRESS (Francés): Phaune box, un étrange objet sonore pour auditeurs curieux dans Télérama “Qu’est-ce qui vous fait fuir ?”
La webradio Phaune a posé la question à sept artistes et compilé leurs réponses dans sa Phaune Box, un drôle d’objet sonore. Les familiers de Phaune Radio le savent bien. Lorsque la webradio annonce une « expérience d’écoute inédite, sauvage, et sans bord », elle tient ses promesses. Cette fois-ci, le cabinet de curiosités sonores dédié à la création radiophonique a concocté pour ses auditeurs une Phaune Box, un album numérique réunissant sept artistes autour d’une même question : « Qu’est-ce qui vous fait fuir ? » Félix Blume, jeune ingénieur du son installé au Mexique, s’est rendu à Lecheria, un quartier populaire au nord de Mexico. Carrefour des trains de marchandises qui desservent l’Amérique centrale et ses alentours, ce lieu est donc un « passage obligé » pour les migrants qui cherchent à rejoindre les Etats-Unis en se cachant dans ces trains. « Fuga » donne à entendre, pêle-mêle, des bruits de pas saccadés, des aboiements, des cliquetis métalliques, le crissement des roues sur les rails. Et laisse sourdre des voix qui répètent, comme une incantation, « tierra blanca, tierra negra, tierra blanca… ».
http://www.telerama.fr/radio/phaune-box-un-etrange-objet-sonore-pour-auditeurs-curieux,151004.php

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Brian - foto soundcloud low